Technique

1. La porcelaine blanche

Au début ne la choisissez pas de qualité supérieure, mais prenez le temps de l'examiner tout de même.

Regardez à la  lumière rasante pour déceler d'éventuels défauts de "couverte" (c'est l'émail blanc brillant qui la recouvre). Il peut présenter des surépaisseurs en goutte, en coulure, ou au contraire des défects (un petit point creux) et parfois de petites taches jaunes ou des points noirs.

Voyez si vous pouvez masquer ces défauts avec votre décor mais n'hésitez pas à examiner toute la pile d'assiettes avant d'en choisir une, c'est normal!

Vous pouvez la faire "sonner" en lui donnant une discrète chiquenaude: si elle produit un son fêlé, laissez-la chez le marchand, elle risquerait de se fendre en deux à la cuisson

2. La peinture

Elle se présente sous forme de poudre en sachets, petits pots de 8 à 10g (parfois moins quand le coloris est plus précieux) ou en pots plus importants de 45 ou 100g. Vous devrez la préparer au moment de peindre en la mélangeant à un médium et, ainsi préparée, elle ne se conservera pas plus de quelques jours. Un décor peint avec une telle peinture devra cuire dans un four spécial à une température d'environ 700 à 850 ° selon qu'il s'agit de faïence ou de porcelaine.

Il en existe deux types: avec ou sans plomb. Le plomb étant toxique, les peintures qui en contiennent ne peuvent être utilisées pour un contact alimentaire mais réservées à un usage décoratif (c'est bien dommage car leurs couleurs sont légèrement plus profondes, plus brillantes et plus raffinées. Avec les autres, vous pouvez peindre vos assiettes et vos tasses sans crainte. Vérifiez donc avant d'acheter la peinture l'usage auquel vous la destinez car c'est un produit assez coûteux.

Les couleurs peuvent changer à la cuisson et le mélange entre elles n'est pas toujours compatible. C'est l'expérience qui vous l'apprendra, donc multipliez les essais.

Il existe une peinture pour porcelaine thermodurcissable. Elle est vendue en pots, sous forme liquide, prête à l'emploi. Elle cuit dans un four à 150° et résiste ensuite au lavage (même au lave vaisselle selon certains fabricants). Cependant il s'agit d'un décor de surface (contrairement à celui qui cuit à 850° et qui, lui, s'incorpore à la couverte pendant la cuisson) et donc, malheureusement, moins solide que le précédent (ce serait trop beau). Ces peintures se diluent à l'eau.

Il existe également une peinture pour le décor céramique dit "à froid"qui, comme son nom l'indique, ne nécessite pas de cuisson. Il est assez solide (puisqu'on en trouve des exemples dans les musées datant du XVIII° siècle, c'est dire...) Il faut le laver à la main sans abrasif pour le conserver aussi longtemps. Il est aussi brillant que de l'émail et parfait pour les objets décoratifs (transformation d'une lampe déjà montée, décor d'un carrelage déjà posé non exposé aux projections d'eau. etc...) mais ne peut être destiné à un usage alimentaire. Ces peintures se diluent au white spirit.

S'ils sont moins solides, ces deux derniers produits offrent des avantages: les couleurs sont toutes miscibles entre elles, elles ne changent pas à la cuisson quand il y en a une et présentent des teintes vives et franches. Enfin, et surtout, ils ne nécessitent pas l'investissement lourd d'un four spécial.

3. Les pinceaux

Il en faudra de toutes les formes selon les décors que vous aurez à réaliser : des plats, des ronds, des pointus, avec des poils courts ou très longs, raides ou très souples.

4.Les médiums

Les peintures en poudre doivent être mélangées avec des huiles et essences pour être utilisables. On utilise un mélange d'essence grasse et d'essence de lavande ou d'essence de térébenthine. Le mélange est affaire d'expérience car, trop maigre, la peinture restera opaque à la cuisson, trop grasse, elle risque d'être fragile et le décor de partir en éclats. On peut utiliser au début un médium universel tout prêt, mais il faudra apprendre à doser ses médiums pour obtenir le meilleur effet en fonction du sujet choisi.

5. Le nettoyage

Avant d'être peinte, la porcelaine doit être nettoyée et dégraissée avec un papier de ménage imbibé d'alcool à brûler ou d'acétone. Les erreurs, les bavures, les taches de doigts à l'envers des pièces doivent être éliminées avec un coton-tige ou un pinceau fin trempés dans l'alcool avant la cuisson. De même pour le moindre grain de poudre de peinture qui aurait pu s'envoler sur la pièce décorée car ces taches seraient définitives.

8. le masquage

Etape destinée à peindre sans se soucier de "déborder" les contours du motif.

Il y a (en simplifiant à l'extrême, bien sûr) deux techniques essentielles pour peindre sur porcelaine: soit, comme en peinture traditionnelle, avec un pinceau dont chaque coup reste visible en lui-même et contribue au caractère de cette technique. On change de taille de pinceau en fonction du travail à exécuter.

Soit en aplats: les traces de pinceau doivent être effacées grâce à un pinceau appelé "putois" ou grâce à un tampon de mousse à putoiser. C'est dans cette technique que l'on a le plus souvent recours aux procédés de masquage.

Qu'il s'agisse de colorer l'aile de l'assiette en préservant le centre ou de peindre une bande sur une tasse ou, dans certains cas même, de peindre un filet, on aura recours au ruban de masquage:

Par contre si vous voulez délimiter un motif complexe ( une fleur par exemple) ou un citron que vous voulez recouvrir d'un aplat, vous aurez recours au vernis de masquage.

Il en existe deux types, soluble à l'eau ou non. Pour la peinture sur porcelaine traditionnelle, dont le médium est huileux, vous utiliserez le vernis à masquer classique. Pour la peinture au four à 150° dont le médium est aqueux et pour la technique du " trempage" vous utiliserez un vernis de masquage diluable à l'acétone.

Vous délimitez les contours du motif à peindre avec ce vernis rouge. Vous le laissez sécher un peu. Vous peignez sans vous soucier de déborder les contours et, avant que la peinture ne soit sèche, vous retirez le vernis avec une pince à épiler en le soulevant d'abord délicatement avec la pointe d'une épingle. C'est l'opération dite de " délaquage". Prenez garde de ne pas laisser tomber la pellicule de vernis retirée sur la peinture fraîche, une lacune sur une peinture putoisée se réparant très difficilement.

10. La cuisson

Pour la peinture traditionnelle, il faut un four spécial capable de monter à plus de 1000°. Mais le résultat est à la hauteur de l'effort : l'ouverture de la porte après cuisson est un moment excitant !Bonnes surprises et déceptions car les couleurs changent parfois à la cuisson : encore toute une technique à apprendre.

Cliquez sur le lien vidéo pour visualiser la technique

Vidéo


Concepteur du site : Ed Lgher Copyright © 2008. 
Vous souhaitez faire réaliser un site internet, vous pouvez nous contacter en cliquant sur le lient suivant  : webmaster@ed-lgher.com pour un devis ou vous rendre sur notre Site en allant dans la rubrique lien